

Stéphane LE FOLL
Député européen

72, boulevard Anatole France - 72000 LE MANS - Tél. : +33 (0)2 43 23 79 19
Mandature 2009/2014
Un week-end encourageant…
Ce week-end, viennent de se dérouler deux évènements européens qui sont, pour moi, deux sources de satisfaction.
Le premier est, bien entendu, la victoire des socialistes grecs lors de législatives anticipées, ce qui redore un peu le blason européen de la sociale-démocratie.
D’ailleurs au sein du Parti socialiste, j’appelle à modérer les expressions des cassandres qui ont souvent tendance à dépeindre de manière catastrophique la situation en oubliant de citer les victoires lorsqu’elles surviennent. Les victoires socialistes, au Portugal comme en Grèce, ne sont pas l’hirondelle qui fera le printemps mais doivent nous ouvrir les yeux pour que politiquement nous soyons capables de viser juste.
La sociale-démocratie aura une parole d’autant plus forte qu’elle sera capable maintenant de décrire le chemin de la sortie de crise.
Le second évènement est le vote clair et massif pour le OUI sur le Traité de Lisbonne en Irlande. Il traduit deux choses :
Premièrement, les irlandais ont pris conscience de la nécessité de l’Europe dans une phase de crise profonde. C’est peut-être la première fois qu’un peuple s’exprime comme cela pour considérer que l’Europe a un rôle protecteur. C’est assez fort pour être souligné. Et l’Euro en est certainement un des outils.
Deuxièmement, c’est aussi une leçon politique. Le contexte dans lequel se déroule un référendum pèse de manière déterminante sur le texte. Avant la crise, les irlandais avaient à une large majorité refusé une Europe plus forte qui puisse remettre en cause un certain nombre des choix politiques de l’Irlande (en particulier, en refusant toute harmonisation fiscale et sociale). Il est vrai qu’à l’époque, la situation était positive pour l’économie irlandaise et il ne fallait surtout pas modifier les équilibres. La situation changeant, la perception en est devenue totalement différente. En fait, il est impossible de mener un débat sur les institutions, car ce choix est d’abord un choix politique qui doit répondre à des attentes concrètes.
C’est pourquoi, j’ai toujours pensé que l’essentiel était dans le projet politique. L’Europe doit retrouver une ambition politique et surtout sortir de la logique actuelle qui laisse penser qu’il n’y a pas de confrontation sur l’orientation de l’Europe et que tout serait affaire de consensus et de compromis.
Le compromis est nécessaire pour aboutir à des solutions, mais le débat politique sur les choix est un préalable indispensable pour éclairer les citoyens. Encore une fois, je plaide pour que les Chefs d’Etat et de Gouvernement qui sortent renforcés avec le traité de Lisbonne assument pleinement avec la Commission la charge de l’exécutif européen. Je plaide en même temps pour que le Parlement fasse vivre, en étant relayé dans les médias, le débat public sur les choix à faire à l’échelle européenne. Nous venons de franchir une étape qui est profondément satisfaisante pour l’Europe. Maintenant, il faut se battre pour redonner du sens à la citoyenneté politique européenne.

