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Stéphane LE FOLL

 

Député européen

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La crise grecque !

27 Jun 2011

Les problèmes liés à la situation de la Grèce ont été au centre de nos préoccupations cette semaine. Le peuple grec n’accepte pas la politique d’austérité générale qui lui est imposée, et ce, à un moment où l’Europe a traîné à proposer des solutions et a ainsi laissé les marchés et les agences de notation prendre le pas sur le tempo politique. Cette situation n’est pas acceptable. Non pas qu’il faille que la Grèce ne fasse point d’effort, mais aujourd'hui, demander aux grecs qu’ils fassent tous les efforts ne peut pas être accepté. On le sait, la crise de 2008-2009 liée à un système financier débridé, sans règles et sans contrôle, nous a amené au bord du gouffre. Laisser croire qu’à partir de là, seuls les peuples auraient à payer la facture est politiquement suicidaire. Car de plan d’austérité en plan d’austérité, le risque est grand de mettre ces pays dans une situation d’absence totale de retour de la croissance et ainsi de les empêcher définitivement de pouvoir sortir de la crise, de renflouer leurs déficits et, au bout du compte, de renflouer leurs dettes.

Les gouvernements européens, avec l’Allemagne de Merkel en tête, ont trop tardé à réagir, voire pire, ont fait porter la responsabilité de la situation aux peuples et aux Etats défaillants. Dans ces conditions, il faut que l’Europe prenne quatre décisions d’ailleurs dernièrement débattues au sein du Parlement Européen et pour deux d’entres elles votées.

La première, c’est de remettre en cause le rôle et la toute puissance des agences de notation qui excitent la spéculation alors que, à la veille du crack financier, ces mêmes agences n’avaient rien vu venir, ni rien anticipé.

La deuxième est qu’il faut que la gouvernance européenne s’applique à ne pas durcir les conditions du pacte de stabilité, mais continuent à avoir comme objectifs de relancer la croissance en Europe. Ce débat, nous l’avons eu au sein du groupe « Socialistes et Démocrates » et nous avons adopté la ligne de l’équilibre, entre la nécessaire bonne gestion et le maintien de la consommation et de l’investissement pour soutenir la croissance.

La troisième décision : à l’échelle européenne, pour soutenir la croissance, il faut un budget conséquent qui permette de maintenir l’investissement. Il faut donc trouver des recettes nouvelles qui soient affectées à ce budget européen. C’est l’engagement qu’a pris le Parlement Européen il y a 1 mois, avec la taxe sur les flux financiers. Avec la Commission « SURE » (commission sur les défis politiques), il l’a réaffirmé dans ses propositions pour les perspectives financières de l’après 2013 en demandant à ce que le budget européen soit augmenté de 5%. Je le rappelle, une taxe de 0,05 % sur les flux financiers, à l’échelle de l’Europe, rapporterait 200 milliards d’euros, bien plus que ce dont nous avons besoin aujourd'hui. Cette taxe viendrait en plus diminuer d’autant la contribution de chaque Etat au budget de l’Europe. C’est comme cela que l’on sortira de la spirale de la crise dans laquelle nous sommes, en relançant l’investissement et la croissance.

Enfin, sur la question de la dette, et c’est la 4ème décision à prendre, il faut pouvoir mutualiser cette dette par la création « d’euros obligations » qui ferait que les dettes nationales seraient financées par l’ensemble de l’UE et pas seulement par chaque Etat pris individuellement. Ceci permettrait aux Etats les plus endettés de trouver là les moyens financiers sans se voir appliquer des taux d’intérêts prohibitifs. D’autre part, pour gérer la dette existante, il faudra, d’une manière ou d’une autre, la rééchelonner, une partie des remboursements étant reportée en faisant participer les banques à l’assainissement des finances des Etats les plus en difficulté.

Car si rien n’est fait, c’est la spéculation qui va venir sanctionner les établissements financiers les plus engagés dans les prêts aux pays en difficulté. Les actions de ces banques, en particulier françaises, ont dores et déjà été attaquées à la Bourse au risque de fragiliser l’ensemble du système financier et bancaire européen.